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ADM Nord
Diagnostic vibratoire réalisé sur une machine tournante industrielle
Ressource technique · Analyse vibratoire

Vibrations élevées sur un moteur : et si le châssis était en cause ?

Une forte vibration à la fréquence de rotation ne désigne pas nécessairement un défaut du rotor. Dans cet exemple, la mesure du moteur jusqu’au sol et un essai de remise en appui ont permis d’identifier l’influence déterminante du châssis.

Exemple d’intervention réalisé dans le nord-ouest de la France à l’été 2025.

Voir comment le diagnostic a été confirmé
Par Olivier NonclercqAnalyste vibratoire Catégorie III · ADM
Le piège diagnostique

Le moteur vibre, mais la cause peut se trouver dans ses appuis

Une composante dominante à 1× la vitesse de rotation peut orienter vers un balourd. Cet indice seul ne permet toutefois pas de distinguer l’effort généré par la machine de l’amplification produite par une structure insuffisamment rigide.

SYMPTÔME

5,5 mm/s RMS en vertical

Le niveau global le plus élevé apparaît sur le palier arrière du moteur, dans la direction verticale.

INDICE

1× rotation dominante

La composante principale correspond à environ 1 215 tr/min. Elle atteint 5,3 mm/s RMS en vertical contre 1,4 mm/s RMS en horizontal.

QUESTION

Rotor ou structure ?

La forte dissymétrie entre les directions impose d’examiner les appuis et la transmission des vibrations.

Contexte d’intervention

Deux lignes d’extrusion présentent un comportement vibratoire instable

Deux ensembles moteur-réducteur sont installés sur des châssis liés à une structure tubulaire principale. Des vibrations importantes avaient été ressenties dans certaines conditions de fonctionnement.

Le phénomène initial n’a pas pu être reproduit dans toute son intensité le jour de l’intervention. ADM a donc comparé les deux lignes, les directions de mesure et les différents niveaux de structure afin de rechercher les anomalies encore présentes.

Enjeu de maintenance. Intervenir directement sur le moteur sans vérifier son support aurait pu conduire à un équilibrage, un remplacement de roulement ou une autre correction sans effet sur la cause dominante.
Vérins mécaniques hors contact entre un châssis moteur et sa structure porteuse
Les appuis mécaniques observés sous le châssis ne sont pas en contact avec la structure porteuse.
Première hypothèse

Une vibration à 1× compatible avec plusieurs causes

Le pic à la fréquence de rotation est réel. Son interprétation doit être confrontée à la direction, à la localisation et à la réaction de la machine lorsqu’une condition mécanique est modifiée.

ObservationCe qu’elle peut suggérerPourquoi elle ne suffit pas
1× rotation dominanteBalourd du rotor ou effort synchrone transmis par la machine.Une structure peut amplifier fortement cette même excitation.
5,3 mm/s RMS en verticalRéponse importante dans une direction précise.La valeur ne localise pas, à elle seule, l’origine mécanique.
1,4 mm/s RMS en horizontalForte dissymétrie de rigidité ou de réponse.Une mesure directionnelle doit être complétée par des points sur la structure.
Dépendance à la vitesseSensibilité dynamique de l’installation.Sans montée ou descente contrôlée, la fréquence propre n’est pas formellement identifiée.
Indice discriminant

Suivre la vibration du moteur jusqu’au sol

Quatre spectres ont été comparés dans la même direction : sur le moteur, sur son châssis, sur le châssis tubulaire principal, puis sur le sol.

Moteur : composante à 1× très élevée.
Châssis moteur : composante encore présente, mais plus faible.
Châssis principal et sol : amplitude presque nulle à cette fréquence.
Lecture ADM. La rupture d’amplitude montre que le châssis moteur se déplace relativement à la structure principale. Les deux ensembles ne se comportent pas comme une liaison rigidement solidaire.
Comparaison de quatre spectres vibratoires mesurés sur le moteur, le châssis moteur, le châssis principal et le sol
La composante à la fréquence de rotation s’effondre entre le châssis moteur et la structure tubulaire principale.
Observation mécanique

Les quatre vérins du châssis ne remplissent plus leur fonction d’appui

L’examen visuel montre que les points d’appui situés aux quatre coins du châssis moteur-réducteur sont en retrait. Le châssis supérieur peut donc vibrer indépendamment de la structure tubulaire.

1

Mesurer

Comparer les directions sur le moteur et quantifier la composante synchrone.

2

Localiser

Étendre les mesures aux différents niveaux de la structure jusqu’au sol.

3

Observer

Contrôler les interfaces mécaniques lorsque la transmission vibratoire change brutalement.

4

Tester

Modifier temporairement la rigidité et suivre la réponse vibratoire pendant l’action.

Essai correctif instrumenté

La remise en contact des vérins fait baisser la vibration

Les appuis ont été progressivement remis au contact pendant qu’une mesure vibratoire continue était enregistrée sur le point 1 vertical du moteur côté opérateur.

La baisse apparaît au fur et à mesure de la rigidification. Une fluctuation subsiste d’abord, car les deux moteurs tournent à des vitesses légèrement différentes. Leurs réponses s’additionnent et se compensent périodiquement : c’est un phénomène de battement.

Après la remise en appui de la seconde ligne, l’amplitude se stabilise.

Vérification expérimentale. La réaction immédiate de la vibration à la modification des appuis confirme leur influence déterminante sur le comportement du moteur.
Spectres successifs enregistrés pendant la remise en contact des appuis d’un châssis moteur
Mesure continue utilisée pour suivre l’évolution de la composante verticale pendant la rigidification.
Résultat avant / après

Une réduction mesurée sans intervention sur le rotor

La comparaison est réalisée aux mêmes points après la remise en appui. Elle confirme une baisse nette des niveaux verticaux sur les deux lignes.

Ligne côté opérateur · point 1V5,5 1,2mm/s RMS · baisse d’environ 78 %
Ligne parallèle · point 1V2,8 1,0mm/s RMS · baisse d’environ 64 %
Élément vérifiéAvant remise en appuiAprès remise en appuiEnseignement
Ligne côté opérateur · 1V5,5 mm/s RMS1,2 mm/s RMSLa rigidification réduit fortement la réponse verticale.
Ligne parallèle · 1V2,8 mm/s RMS1,0 mm/s RMSLa seconde ligne contribue également au comportement vibratoire couplé.
Rotor et roulementsAucune correction appliquée pendant cet essai.Aucune correction appliquée.La baisse provient de la modification des appuis, pas d’une action sur le rotor.
Rigueur du diagnostic

Amplification structurelle démontrée, résonance plausible

Les mesures et l’essai de rigidification démontrent l’influence déterminante des appuis et le mouvement relatif entre les deux châssis.

La dépendance à la vitesse et la forte sélectivité verticale sont compatibles avec une amplification résonante. Toutefois, la fréquence propre de la structure n’a pas été formellement déterminée par un essai d’impact, une mesure de phase ou une montée et descente contrôlée en vitesse.

Conclusion retenue. Le cas met en évidence une amplification structurelle liée à une rigidité insuffisante des appuis. L’hypothèse de résonance est crédible, sans constituer une identification modale complète.
Correction durable

Sécuriser les appuis puis créer une nouvelle référence vibratoire

La remise au contact valide le diagnostic. Elle doit être complétée par un dispositif empêchant le desserrage ou le retrait progressif des vérins pendant l’exploitation.

Régler les quatre appuis afin de répartir correctement la charge.
Installer des contre-écrous ou un blocage mécanique adapté.
Appliquer un repérage visuel de contrôle du desserrage.
Refaire les mesures dans les mêmes conditions et enregistrer une référence.
Vérins mécaniques hors contact entre un châssis moteur et sa structure porteuse
Choisir la bonne correction

Ne pas traiter le premier défaut compatible avec le spectre

Lorsqu’un moteur présente une vibration dominante à 1×, l’analyse doit inclure la machine, ses supports et les interfaces entre structures.

Une décision fiable repose sur une chaîne cohérente : observer, formuler des hypothèses, effectuer un contrôle discriminant, modifier une condition mécanique, puis mesurer à nouveau.

Dans ce cas, cette méthode a permis d’éviter une intervention inutile sur le moteur et d’orienter la maintenance vers la rigidité réelle des appuis.

Parler d’une machine avec un analyste

Décrivez l’équipement, le symptôme et vos contraintes d’exploitation

ADM vous aidera à distinguer un défaut de la machine, une amplification structurelle ou un problème d’appui, puis à définir la vérification ou la correction adaptée.