Vibrations élevées sur un moteur : et si le châssis était en cause ?
Une forte vibration à la fréquence de rotation ne désigne pas nécessairement un défaut du rotor. Dans cet exemple, la mesure du moteur jusqu’au sol et un essai de remise en appui ont permis d’identifier l’influence déterminante du châssis.
Exemple d’intervention réalisé dans le nord-ouest de la France à l’été 2025.
Voir comment le diagnostic a été confirméLe moteur vibre, mais la cause peut se trouver dans ses appuis
Une composante dominante à 1× la vitesse de rotation peut orienter vers un balourd. Cet indice seul ne permet toutefois pas de distinguer l’effort généré par la machine de l’amplification produite par une structure insuffisamment rigide.
5,5 mm/s RMS en vertical
Le niveau global le plus élevé apparaît sur le palier arrière du moteur, dans la direction verticale.
1× rotation dominante
La composante principale correspond à environ 1 215 tr/min. Elle atteint 5,3 mm/s RMS en vertical contre 1,4 mm/s RMS en horizontal.
Rotor ou structure ?
La forte dissymétrie entre les directions impose d’examiner les appuis et la transmission des vibrations.
Deux lignes d’extrusion présentent un comportement vibratoire instable
Deux ensembles moteur-réducteur sont installés sur des châssis liés à une structure tubulaire principale. Des vibrations importantes avaient été ressenties dans certaines conditions de fonctionnement.
Le phénomène initial n’a pas pu être reproduit dans toute son intensité le jour de l’intervention. ADM a donc comparé les deux lignes, les directions de mesure et les différents niveaux de structure afin de rechercher les anomalies encore présentes.
Une vibration à 1× compatible avec plusieurs causes
Le pic à la fréquence de rotation est réel. Son interprétation doit être confrontée à la direction, à la localisation et à la réaction de la machine lorsqu’une condition mécanique est modifiée.
| Observation | Ce qu’elle peut suggérer | Pourquoi elle ne suffit pas |
|---|---|---|
| 1× rotation dominante | Balourd du rotor ou effort synchrone transmis par la machine. | Une structure peut amplifier fortement cette même excitation. |
| 5,3 mm/s RMS en vertical | Réponse importante dans une direction précise. | La valeur ne localise pas, à elle seule, l’origine mécanique. |
| 1,4 mm/s RMS en horizontal | Forte dissymétrie de rigidité ou de réponse. | Une mesure directionnelle doit être complétée par des points sur la structure. |
| Dépendance à la vitesse | Sensibilité dynamique de l’installation. | Sans montée ou descente contrôlée, la fréquence propre n’est pas formellement identifiée. |
Suivre la vibration du moteur jusqu’au sol
Quatre spectres ont été comparés dans la même direction : sur le moteur, sur son châssis, sur le châssis tubulaire principal, puis sur le sol.
Les quatre vérins du châssis ne remplissent plus leur fonction d’appui
L’examen visuel montre que les points d’appui situés aux quatre coins du châssis moteur-réducteur sont en retrait. Le châssis supérieur peut donc vibrer indépendamment de la structure tubulaire.
Mesurer
Comparer les directions sur le moteur et quantifier la composante synchrone.
Localiser
Étendre les mesures aux différents niveaux de la structure jusqu’au sol.
Observer
Contrôler les interfaces mécaniques lorsque la transmission vibratoire change brutalement.
Tester
Modifier temporairement la rigidité et suivre la réponse vibratoire pendant l’action.
La remise en contact des vérins fait baisser la vibration
Les appuis ont été progressivement remis au contact pendant qu’une mesure vibratoire continue était enregistrée sur le point 1 vertical du moteur côté opérateur.
La baisse apparaît au fur et à mesure de la rigidification. Une fluctuation subsiste d’abord, car les deux moteurs tournent à des vitesses légèrement différentes. Leurs réponses s’additionnent et se compensent périodiquement : c’est un phénomène de battement.
Après la remise en appui de la seconde ligne, l’amplitude se stabilise.
Une réduction mesurée sans intervention sur le rotor
La comparaison est réalisée aux mêmes points après la remise en appui. Elle confirme une baisse nette des niveaux verticaux sur les deux lignes.
| Élément vérifié | Avant remise en appui | Après remise en appui | Enseignement |
|---|---|---|---|
| Ligne côté opérateur · 1V | 5,5 mm/s RMS | 1,2 mm/s RMS | La rigidification réduit fortement la réponse verticale. |
| Ligne parallèle · 1V | 2,8 mm/s RMS | 1,0 mm/s RMS | La seconde ligne contribue également au comportement vibratoire couplé. |
| Rotor et roulements | Aucune correction appliquée pendant cet essai. | Aucune correction appliquée. | La baisse provient de la modification des appuis, pas d’une action sur le rotor. |
Amplification structurelle démontrée, résonance plausible
Les mesures et l’essai de rigidification démontrent l’influence déterminante des appuis et le mouvement relatif entre les deux châssis.
La dépendance à la vitesse et la forte sélectivité verticale sont compatibles avec une amplification résonante. Toutefois, la fréquence propre de la structure n’a pas été formellement déterminée par un essai d’impact, une mesure de phase ou une montée et descente contrôlée en vitesse.
Sécuriser les appuis puis créer une nouvelle référence vibratoire
La remise au contact valide le diagnostic. Elle doit être complétée par un dispositif empêchant le desserrage ou le retrait progressif des vérins pendant l’exploitation.
Ne pas traiter le premier défaut compatible avec le spectre
Lorsqu’un moteur présente une vibration dominante à 1×, l’analyse doit inclure la machine, ses supports et les interfaces entre structures.
Une décision fiable repose sur une chaîne cohérente : observer, formuler des hypothèses, effectuer un contrôle discriminant, modifier une condition mécanique, puis mesurer à nouveau.
Dans ce cas, cette méthode a permis d’éviter une intervention inutile sur le moteur et d’orienter la maintenance vers la rigidité réelle des appuis.
Décrivez l’équipement, le symptôme et vos contraintes d’exploitation
ADM vous aidera à distinguer un défaut de la machine, une amplification structurelle ou un problème d’appui, puis à définir la vérification ou la correction adaptée.

Agence Sud-OuestOlivier Nonclercq
